Écrivain polygraphe, artiste multidimensionnel, auteur «intertextualiste», homme curieux de tout ou presque, membre d'un «groupe-monde», l'Oulipo, Perec dispose effectivement dans son œuvre les germes d'un devenir élargi, le pré-forme aux relais de toutes sortes tout comme il le constitue en relais polymorphe. [R.Delemazure]
J’ai savouré cette lecture pendant un long moment. J’ai étalé ma plongée dans ce volume des Cahiers Georges Perec sur plusieurs mois, laissant chaque article infuser avant de poursuivre. C'est une lecture exigeante, certes, mais combien agréable pour un amateur tel que moi. L’ensemble explore les influences littéraires de Perec, les diverses formes d’intertextualité qui traversent son œuvre, ainsi que les échos qu’elle suscite dans le monde, le monde des auteurs qu’il cite, imite ou convoque, mais aussi celui de celles et ceux, aux quatre coins du globe, qui ont trouvé dans son écriture une inspiration, une étincelle ou un déclencheur — consciemment ou non, postérieurement ou antérieurement à ladite œuvre.
Ce numéro s’inscrit pleinement dans une perspective comparatiste, attentive à la réception internationale de Perec, à son rayonnement, à son influence et à sa postérité dans la littérature transnationale. C’est une belle manière de revisiter des lectures qui m’avaient déjà transporté, en les éclairant par de nouvelles pistes, des approches de littérature comparée et des références à des écrivains du monde entier.
On découvre d’abord les influences de la littérature mondiale dans l’œuvre de Perec : les emprunts, les citations, les jeux d’écriture, le voyage de Bartlebooth, l’« englès » perecquien, l’aventure yougoslave, ou encore la présence du Japon dans La Vie mode d’emploi. On lit avec joie les rapports qu’a établis Perec avec des écrivains étrangers — Sterne, Joyce, Kafka, Stevo, Bioy Casares ou, bien sûr, Calvino.
Avec autant de plaisir, on se laisse ensuite entraîner vers les filiations perecquiennes dans la littérature mondiale : Auster, Murakami, Cortázar et la tradition argentine, ou encore les résonances de Perec dans la littérature québécoise. Bien que les liens de parenté ne soient pas toujours manifestes, ce catalogue abondant m’a offert un vaste horizon de lectures à explorer.
Ma pile de livres à lire s’en est trouvée enrichie… d’une manière presque déraisonnable.
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Sur Rives et dérives, on trouve aussi :
Burgelin | Claude | Album Georges Perec |
Burgelin | Claude | Georges Perec |
Decout | Maxime | Cahiers Georges Perec, no 13, La Disparition, 1969-2019 : un demi-siècle de lectures |
Évrard | Franck | Georges Perec ou la littérature au singulier pluriel |
Perec | Georges | Cantatrix Sopranica L. et autres écrits scientifiques | |
Perec | Georges | Espèces d’espaces | |
Perec | Georges | Georges Perec | |
Perec | Georges | Georges Perec en dialogue avec l’époque et autres entretiens | |
Perec | Georges | L’art et la manière d’aborder son chef de service pour lui demander une augmentation | |
Perec | Georges | L’attentat de Sarajevo | |
Perec | Georges | La vie mode d’emploi | |
Perec | Georges | Le Voyage d’hiver et ses suites | |
Perec | Georges | Penser / classer | |
Perec | Georges | Petit traité invitant à la découverte de l’art subtil du go | |
Perec | Georges | Tentative d’épuisement d’un lieu parisien | |
Perec | Georges | Un cabinet d’amateur, Histoire d’un tableau | |
Perec | Georges | Un homme qui dort |

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