dimanche 19 août 2012

Des gens très bien - Alexandre Jardin


Né Jardin, je sais qu'il n'est pas nécessaire d'être un monstre pour se révéler un athlète du pire. [A.J.]
Des gens très bien, c'est comme cela que Jardin qualifie son grand-père et les gens qu'il côtoyait, ces gens qui, au temps du gouvernement de Vichy, ont fait le choix d'y collaborer et, par ce fait, de collaborer avec l'Allemagne d'Hitler et ses visées purificatrices. Alexandre Jardin n'offre pas un roman, mais un cri pour se sortir d'un mal-être dans lequel sa famille l'avait plongé. Mais en poussant ce cri, c'est toute une partie de la France qui a semblé réagir, c'est une partie de la France qui s'est senti mal de son passé. C'est donc une oeuvre à la fois très personnelle et à visée plus large que nous offre Jardin.  Cela aurait pu être plus court, plus direct, et ne pas présenter autant de répétitions, mais cela aurait-il eu le même impact? Jardin se fait plus sombre et plus intérieur que jamais, mais, chose importante, il utilise toujours sa plume agile. 

mercredi 15 août 2012

L'homme de la Saskatchewan - Jacques Poulin

- J'ai une drôle de nouvelle à t'apprendre, dit Jack. [J.P.]
Ce sont les sujets fétiches de Poulin qui offrent matière à ce court roman : la ville de Québec, l'écriture, le voyage et l'histoire de l'Amérique. C'est l'univers de Jack Waterman (c'est un nom de plume) qui reprend vie : Francis, son jeune frère, mais aussi la Grande Sauterelle de Volkswagen Blues et son minibus. Jack, consacré à l'écriture de son oeuvre majeure, accepte tout de même, d'être le nègre d'un joueur de hockey qui désire écrire sa biographie. Il refile plutôt le contrat à Francis dont ce sera la première expérience d'écriture. Tous les éléments sont en place pour permettre à Poulin d'y aller de sa poésie en prose et de faire des allers retours entre l'histoire de la Saskatchewan (terre d'origine du hockeyeur) et les découvertes amoureuses de Francis en la ville de Québec.

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De Jacques Poulin, sur Rives et dérives, on trouve aussi:


Poulin
Jacques
L’anglais n’est pas une langue magique
Poulin
Jacques
La traduction est une histoire d’amour
Poulin
Jacques
Les yeux bleus de Mistassini
Poulin
Jacques
Un jukebox dans la tête 

lundi 13 août 2012

Le sourire de la petite juive - Abla Farhoud


Cette nuit, j'ai rêvé que j'avais autant d'enfants que de livres. [A.F.]
Il est étrange de se retrouver comme acteur ou figurant au coeur même d'un livre qu'on tient sur notre table de chevet. Il est étrange que son décor habituel, notamment sa rue, fasse office de toile de fond à un ensemble de portraits, un ensemble de clichés ou plutôt de fusains, de personnages qu'il nous semble avoir croisés la veille ou l'avant-veille. Il est étrange d'avoir à lire cette série de dessins, parfois aux traits un peu forts, de résidants d'un bout de rue qui est mon cadre de vie depuis trente ans. Le double littéraire d'Abla Farhoud se livre et décrit les êtres dont elle partage un certain quotidien et quelques mètres de trottoirs. Son regard alterne avec celui de la petite juive, petite juive hassidim, dont, même après trente ans, on ne peut qu'imaginer la pensée tant sa communauté demeure en marge de la nôtre. On a ainsi devant soi une série de courts textes chacun cernant de façon plus ou moins précise l'univers imaginé ou recréé de quelques habitants d'une rue qui se situe à la frontière du Mile End et d'Outremont, à la frontière entre la réalité et l'imaginé.

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Sur Rives et dérives, on trouve aussi :


Farhoud
Abla
Au grand soleil cachez vos filles