jeudi 20 avril 2017

Numéro zéro - Umberto Eco

Ce matin, l'eau ne coulait plus au robinet. [U.E.]
Umberto Eco possède (possédait) une plume qui me séduit. Son style, son écriture, ses dialogues ont tout pour m'accrocher et maintenir mon attention jusqu'à la fin du roman.  Cette fois-ci, il s'agira d'un regard (ou d'une flèche) satirique porté sur le monde journalistique, sur la presse, sur la manipulation de l'information (tiens, tiens), sur la création de l'événement, sur l'influence des médias. Tous des sujets qui en ces jours de vérités alternatives et de fausses nouvelles méritent bien qu'on s'en moque tout en provoquant une prise de conscience sinon une crise de conscience par ce pamphlet interposé.

Le milieu qu'Eco raille est celui de la presse italienne, mais sa critique porte aussi bien sur le milieu équivalent dans n'importe quel univers du monde occidental. Le numéro zéro, c'est le prototype du futur quotidien Domani. Un projet qui n'ira pas plus loin que ce numéro zéro, un projet qui recense toutes les dérives journalistiques et dont les entrailles révèlent un complot à la grandeur de l'histoire italienne récente et moins récente.

J'ai plongé tête première dans cette intrigue acoquinant le Duce et le Vatican en passant par la Loge P2 et les Brigades rouges, notamment.
Le seul problème sérieux, pour le bon citoyen, c'est de ne pas payer ses impôts, et puis que ceux qui commandent fassent ce qu'ils veulent, de toute façon, ils font toujours leur beurre. Et amen. [U.E.] 
Le monde est un cauchemar, mon amour. Je voudrais bien descende, mais ils m'ont dit qu'on ne peut pas, nous sommes dans un train direct sans arrêts intermédiaires. [U.E.] 
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Eco
Umberto
Le Pendule de Foucault 

jeudi 13 avril 2017

Guide des égarés - Jean d'Ormesson

Le titre de ce manuel de savoir-vivre à l'usage de ceux qui s'interrogent sur les mystères du monde, je l'ai emprunté à Maimonide, philosophe et médecin juif né à Cordoue, alors musulmane, au temps de Philippe Auguste, de saint François d'Assise, de l'empereur Frédéric II et de Saladin, il y a un peu moins de mille ans. [J.d'O.]
Voilà un ouvrage difficile à classifier. Il se déclare ne pas être un ouvrage de philosophie, mais un manuel présentant quelques concepts de la vie dans laquelle tous et chacun de nous sommes plongés, un manuel pour en dégager un sens ou non, un manuel pour les égarés que nous sommes.
Nous ignorons d'où nous venons, nous ignorons où nous allons. nous sommes tous des égarés. [J.d'O.] 
Il n'est pas impossible que le monde soit absurde, que tant de bien et tant de mal, tant de souffrances, tant de bonheurs, tant de beauté et d'amour tombent à jamais dans le néant et l'oubli et que la vie, qui nous est si chère, n'ait pas le moindre sens.  [J.d'O.]
J'ai pris en note plusieurs passages qui font sens, qui résonnent en moi, qui me disent ou me révèlent quelque chose. Mais, je demeure hésitant et circonspect devant l'ensemble que cela donne. Je ne peux dire que je regrette cette lecture, les quelques pages qu'elle comporte se sont lues rapidement et avec une certaine facilité, mais était-ce un ouvrage nécessaire? Était-ce une lecture nécessaire?
Les nombres - comme tout le reste - ne prennent un sens qu'avec les hommes, chez les hommes, grâce aux hommes.  [J.d'O.]
L'air est un des avatars les plus subtils de la matière. tellement subtil qu'il semble se complaire dans une espèce de modestie assez proche de l'absence. Nous ne le voyons pas. Sauf quand il se lève en tempête sur les injonctions d'un romantisme en transes et de Chateaubriand, nous ne l'entendons pas. [Un zeugme de J.d.O.]
Penser la pensée est la tâche, non pas d'une science exacte, mais d'un art difficile, flanqué d'un vocabulaire technique et de règles précises et vagues : la philosophie. [J.d'O.] 
Si Dieu existe, nous dit Woody Allen, j'espère qu'il a une bonne excuse.  [J.d'O.]
Un philosophe qui n'hésite pas à citer Allen vient chercher chez moi une certaine sympathie.
Vivre n'est rien d'autre que mourir dans un avenir plus ou mois proche et toujours imprévisible. [J.d'O.] 
Nous naissons et nous mourons. Entre la naissance et la mort, presque rien. nous prenons le métro, nous bâtissons des empires, nous essayons de survivre, nous écrivons La divine comédie, nous nous jetons dans la mer, dans les plaisirs et dans la vanité. Et nous faisons l'amour pour lutter contre la mort et la disparition. [J.d'O.]
Après un regard relativement noir sur notre passage dans la vie, d'Ormesson termine sur une note plus encourageante.
Il nous faut, vaille que vaille, courir après l'impossible et chérir l'utopie. [J.d'O.]  


lundi 10 avril 2017

Kennedy et moi - Jean-Paul Dubois

[Archives Mai 2006]

Hier, j'ai acheté un revolver. [J.-P.D.]
Ce Dubois continue à me surprendre, continue à m'attirer par ses personnages troublés, par sa plume qui demeure légère devant ce trouble et par son don de l'histoire. Kennedy et moi est un texte en stéréo : un chapitre au je suivi d'un chapitre écrit par un narrateur externe. Cet artifice permet d'avoir un oeil dans le coeur de Simon Polaris et un oeil sur lui. J'ai adoré et je poursuis mes incursions dans l'oeuvre de Jean-Paul Dubois.

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La succession
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La vie me fait peur 
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Le cas Sneijder 
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Une vie française 

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