vendredi 17 avril 2015

La petite écuyère a cafté - Jean-Bernard Pouy

Faire gaffe. La nuit, les rails se rejoignent. [J.-B.P.]
Jean-Bernard Pouy est l'un des papous qui égaie quelques-unes de mes promenades du midi lorsque je me tape l'un ou l'autre des épisodes des Papous dans la tête en baladodiffusion à France-Culture. Je connaissais bien le style qu'il affiche au cours de l'émission, mais je n'avais jamais rien lu de cet auteur de polar. Et pourtant, il a plusieurs œuvres primées dans son carquois. Ce projet du Poulpe m'intriguait. C'est un projet à saveur tout à fait oulipienne.

La petite écuyère a cafté est en effet l'oeuvre de départ d'une collection de polars dont Jean-Bernard Pouy a été le premier directeur. Le Poulpe  regroupe maintenant plus de cent romans d'auteurs différents. Il y a également eu une adaptation en bandes dessinées et au cinéma. La structure et les personnages principaux sont imposés. Cela s'est défini dans les tout premiers romans de la série.

On a ainsi, évidemment, Gabriel Lecouvreur dit « Le Poulpe ». Il est sans domicile fixe : il oscille entre le salon de coiffure de Chéryl, les hôtels, les pensions... Il est amateur de bière, il déteste le vin. Il y a aussi Chéryl qui est coiffeuse et compagne du Poulpe. On trouve Gérard, patron du Pied de Porc à la Sainte-Scolasse, un bar-restaurant et d'autres qui gravitent dans cette sphère, la femme de Gérard d'origine espagnole, Vlad, l'aide-cuisinier roumain, Léon, le chien de Gérard, etc.

Après une mise en scène du meurtre dans le premier chapitre, Gabriel Lecouvreur en prend connaissance en lisant les faits divers attablé au Pied de Porc et décide de mener une enquête. L'aventure se terminera également au Pied de Porc.

J'ai hâte de découvrir d'autres adaptations de ce scénario à contraintes.

lundi 6 avril 2015

Beaux-Arts Magazine : Les secrets des chefs-d'oeuvre de la BD

Une magnifique lecture que celle de ce numéro spécial de Beaux-Arts Magazine consacré aux chefs-d'oeuvre de la BD. Ce n'est pas le premier numéro de Beaux-Arts qui s'attarde au neuvième art, loin de là. À chaque fois, les éditeurs ont réussi à trouver un angle qui suscite l'intérêt. Ici, on aborde 10 albums cultes et on en livre quelques clés, on analyse une planche, on place un contexte historique et certains secrets du succès, tout cela selon une mise en page particulièrement réussie.

Au sommaire, on trouve :
1946 - Tintin : Le Lotus bleu (Hergé)
1954 - Blake et Mortimer : Le Mystère de la grande pyramide (Edgar P. Jacob)
1969 - Corto Maltese : La Ballade de la mer salée (Hugo Pratt)
1972 - Blueberry : Le Spectre aux balles d’or (Jean Giraud et Jean-Michel Charlier)
1979 - Les Passagers du vent (François Bourgeon)
1983 - Partie de chasse (Enki Bilal et Pierre Christin)
1986 - Maus (Art Spiegelman)
1988 - 120, rue de la Gare (Jacques Tardi)
1999 - From Hell (Eddie Cambell et Alan Moore)
2003 - Jimmy Corrigan (Chris Ware) 

mercredi 1 avril 2015

La fiancée américaine - Éric Dupont


« Quelques années avant d’être forcée par sa mère à monter dans un autobus pour New York en plein blizzard de décembre, Madeleine Lamontagne avait été une petite fille qui aimait par-dessus tout les lapins de Pâques, les sapins de Noël et les histoires de Louis Lamontagne, son papa. » [É.D.]
Tel La vie mode d'emploi de Perec, le sous-titre de La fiancée américaine aurait pu être Romans, au pluriel. Car, ici, nous avons plusieurs histoires en un roman ou est-ce, plusieurs romans dans une Histoire. Plusieurs décades et plusieurs lieux, le New Hampshire, Rivière-du-Loup, New York, Montréal, Berlin, Rome, le Japon. Plusieurs Madeleine, au moins une à chaque génération, la Tosca et la musique, des yeux sarcelle et des tours de force, des rencontres d'un soir et des livres subtilisés, des petits-déjeuners et des motos, des confessions et des toiles dont La mise au tombeau de la Vierge, des religieuses et un prêtre-peintre, un metteur en scène inspiré et un croque-mort chevalin. Éric Dupont nous entraîne dans cette saga avec un bonheur certain et le regard qu'il porte sur les péripéties de ses protagonistes est toujours plein de tendresse.

Éric Dupont nous offre ici un récit dans lequel on peut plonger sans crainte pour en faire une lecture joyeuse et festive. La fiancée américaine a maintenant sa place parmi les œuvres québécoises d'importance.
« Une partition d'un Impromptu de Schubert était ouverte. Je ne sais plus lequel, mais c'était un de ces morceaux nostalgiques et lancinants de Schubert. Quoi? Tout Schubert est nostalgique et lancinant? Non, certaines de ses pièces sont romantiques et larmoyantes. » [P.474]
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À propos de Dupont, sur Rives et dérives, on trouve aussi :

Dupont
Éric
La logeuse, roman tragique