dimanche 29 novembre 2015

Spinoza encule Hegel - Jean-Bernard Pouy

Le cadavre est au bord de la route, une de ses mains est prise dans le bitume gluant. [J.-B. P.]

Et toi, es-tu trostkiste ou anarchiste ?

Je n'ai pas connu mai 68. J'ai beaucoup entendu parlé cependant des débats ayant secoué une certaine jeunesse d'extrême gauche au Québec dans les années 1970. Et même si ce n'est pas ici le sujet, je retrouve dans l'univers dépeint par Jean-Bernard Pouy un jusqu'au-boutisme philosophique tel qu'il a pu m'apparaître de l'extérieur concernant cette époque.

Pour les personnages de Spinoza encule Hegel, le militantisme n'est pas politique, mais esthétique.
Dans la France post « grand merdier », les fachos peu ou prou éradiqués, les « groupes crash » vivent et meurent selon un code, au rythme des défis qu'ils se lancent sur la Radio Cinquième Internationale. Pour les membres de la Fraction Armée Spinoziste, la fin justifie les moyens, surtout lorsqu'il s'agit de dégommer les Jeunes Hégéliens. C'est beau. C'est complètement vain.

Les mots de Pouy sont directs, jouissifs. On devine le plaisir qu'il a pris à écrire ce roman, un plaisir libre et transmissible.

Malheureusement, la suite À sec ! - Spinoza encule Hegel le retour n'est apparemment plus éditée. Pour l'instant ?

1 commentaire:

Jean-Luc Raymond a dit...

J'avais déjà amorcé quelques lectures dans l'oeuvre de Pouy, notamment dans le projet du Poulpe. Maintenant, je place Spinoza encule Hegel dans la longue liste des oeuvres à lire. Le militantisme esthétique de cette fuite en avant m'intrigue.