mercredi 4 janvier 2017

Au péril de la mer - Dominique Fortier

La première fois que je l'ai vu, j'avais treize ans, un âge dans les limbes entre l'enfance et l'adolescence, alors qu'on sait déjà qui l'on est mais qu'on ignore si on le deviendra jamais. [D.F.]
En vérité, j'avais peur, comme chaque fois qu'on revient sur les lieux de son enfance, de les trouver diminués, ce qui signifie de deux choses l'une : ou bien ils ne nous étaient apparus grands que parce que nos yeux étaient petits, ou bien nous avions perdu en route la faculté d'être ébloui, deux constatations également accablantes. [D.F.]
Nous sommes devant un texte qui se situe entre le roman historique et le carnet d'écriture, entre l'aventure séculaire du Mont-Saint-Michel et l'entreprise de sa mise sur papier en forme éditée, entre l'histoire des manuscrits de la bibliothèque montoise et celle d'un cahier qui prend forme et s'étale sous la pluie. C'est l'amour des livres et de leur liberté qui unit ces deux contes, ces deux narrations, celle d'un peintre devenu copiste au Mont-Saint-Michel et celle d'une narratrice qui, aujourd'hui, en raconte l'histoire au travers celle de l'abbaye et de son sriptorium. C'est à un périple poétique que nous convie Dominique Fortier, un parcours dans les siècles du Mont-Saint-Michel, de ses diverses constructions et fonctions. J'ai bien aimé la suivre dans cette expérience.


J'ai adoré et je me promets bien sûr de lire également Du bon usage des étoiles.
Mais en vérité, il ne bâtissait pas avec de la pierre, il construisait entre les pierres. Sous la croix aux bras écartés comme la vergue d'un mât de misaine, les pierres ne servaient qu'à encadrer l'essentiel : la lumière, qui déferlait en vagues dorées dans la nef, à la fois église et navire. [D.F.]
Ainsi, pour entendre les livres, il ne suffisait pas de savoir déchiffrer les lettres, il fallait aussi savoir lire ce qui n'était pas écrit. [D.F.] 
En croyant parler des autres on ne parle que de soi-même et qui pense faire le portrait d'une église ou d'une pomme se trouve encore à dessiner son propre visage sur le papier. [D.F.]

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