samedi 12 mai 2012

Makers - Cory Doctorow


Il y a de ces livres qui me poussent à arrêter de lire pendant un moment, qui nécessitent une digestion en bonne et due forme. Makers de Cory Doctorow en est.

C'est un livre qui va aussi vite que le présent, un livre un peu cynique, ce que j'apprécie rarement dans la littérature - il me fallait bien une exception.

Il y est question de la culture Maker, le Do it yourself de l'électronique, qui m'attire depuis un moment même si je n'ai aucun talent manuel ni de connaissance en électronique. Ce qui y apparaît dans toute sa gloire, c'est l'inventivité. De deux génies normaux, premièrement, des artistes, des créateurs. De la masse, ensuite, de tous ces gens qui ont des idées sans avoir les moyens de les réaliser, qui ont des talents complémentaires mais qui ne se rencontrent pas. On y voit un bouillonement rendu possible par une grande initiative capitaliste, la créativité propulsée par la logique du retour sur investissement rapide, de l'occupation précoce d'une niche de marché avant de se retirer aux premiers signes d'une compétition. Et l'humain, tout de même, qui ne baisse pas les bras lorsqu'il voit ce rêve, que Doctorow nomme le New Work, détruit par le mouvement capitaliste même qui l'a rendu possible. L'humain qui persiste dans une jungle qui n'est pas faite pour ses rêves, qui collabore, dans tous les sens du terme.

Dans ces mots transparaît également un thème cher à Doctorow, celui de la culture libre, ici principalement sous la forme de logiciel libre (qu'on peut librement utiliser, partager, modifier, etc.), qui est un des éléments qui s'oppose dans le livre à la mainmise du capitalisme sur la créativité. Justement, Doctorow rend Makers disponible librement (et gratuitement) sous forme de e-book.

Et puisque je me suis remis à lire, je vous parlerai peut-être prochainement, dans un tout autre ordre d'idée, de Gloire incertaine, de Joan Sales, sur la guerre civile espagnole en Catalogne.

lundi 13 février 2012

Fillion et frères - François Gravel

[Archives, Mai 2004]
Je ne sais plus ce qui est vrai et ce qui ne l'est pas dans cette histoire, mais je sais que je parle toujours de lui, quelle qu'en soit la manière. [F.G.]
Il a encore réussi. François Gravel manie la phrase simple de manière efficace et sait raconter des histoires. Ici, c'est une histoire faite de milliers d'autres, plus petites, minuscules. Chaque événement est une histoire, et Gravel sait en jouer. Et c'est une part de notre Histoire qu'on retrouve dans les infimes épisodes que François Gravel nous dépeint.

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Sur Rives et dérives, de Gravel, on trouve aussi :

Gravel
François
À vos ordres, colonel Parkinson
Gravel
François
La petite fille en haut de l’escalier
Gravel
François
Vous êtes ici
Gravel
François
Voyeurs, s’abstenir 

dimanche 5 février 2012

Zéro, la biographie d'une idée dangereuse - Charles Seife

[Archives, Mars 2003]

J'accordais beaucoup de crédibilité à cet ouvrage. Je ne sais pourquoi, mais j'avais l'impression a priori que j'apprécierais cette lecture. Or, j'ai plutôt été déçu. L'auteur aborde l'histoire du zéro avec quelques erreurs de faits et certaines erreurs mathématiques et il aborde cette histoire d'un point de vue quasi mystique. On retrouve ici le zéro et l'infini dans une danse lubrique. L'auteur est loin de se tenir à une distance objective de son sujet. Il en est plutôt le chantre, sinon le prêtre.

dimanche 29 janvier 2012

L'ombre légère - Gilles Archambault

Est-ce qu'on peut vraiment dire qu'il s'agit de nouvelles, malgré que ces courts textes soient annoncés comme tels dès la page titre? Cela est évidemment lié au contenu qu'on fait porter au concept de nouvelle.

Chose certaine, on a devant soi une vingtaine de courtes incursions dans le privé d'êtres ordinaires qui vivent, le temps furtif d'un événement parfois anodin, une pensée intense, une émotion, la difficulté d'une décision, un désespoir. Archambault porte son regard sur le temps qui passe, sur la tendresse du passé, sur de petits moments du présent teintés de souvenirs significatifs.
Archambault sait rendre, en en suggérant l'essentiel sur quelques pages, toute la profondeur de la situation avec une part de tristesse, avec une part de désarroi, avec une part d'humanité. On sent souvent le doute, doute devant l'épisode de vie, doute devant l'absurdité de la vie.

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Sur Rives et dérives, on trouve aussi :

Archambault

Gilles

À peine un petit air de jazz

05/02/2018

Archambault

Gilles

Doux dément

27/02/2026

Archambault

Gilles

En toute reconnaissance, Carnet de citations plutôt littéraires

14/04/2019

Archambault

Gilles

Qui de nous deux ?

31/05/2023