Tout commence un soir de fête, quand un ami, passablement éméché, se met à parler d'avenir et de changements climatiques. [M.B.]
À une époque où les raisons d'espérer semblent sans cesse mises à mal par les crises climatiques, les guerres et les dérives autoritaires, Mathieu Bélisle choisit non pas de scruter l'avenir, mais de se tourner vers le passé. Dans Une brève histoire de l'espoir, il entreprend ainsi une vaste traversée du temps pour comprendre comment les humains ont perçu, nommé et attaché de la valeur à cet élan vers demain que nous appelons espoir.
Des empreintes de mains laissées sur les parois des grottes paléolithiques aux philosophes grecs qui voyaient dans l'espoir une illusion, de l'avènement des religions monothéistes aux grandes révolutions modernes, des rêves d'utopie aux dystopies contemporaines, Bélisle suit les multiples métamorphoses de l'espérance à travers l'histoire. Son enquête prend la forme d'un assemblage de courts textes, qu'il appelle des « fragments », des parcelles d'une réflexion qu'il refuse de voir comme définitive.
Comme toute bibliothèque, ce livre demeure une entreprise inachevée; il est appelé à grandir, à s'enrichir de perspectives et de pensées nouvelles, à se voir réécrit et corrigé, contredit et amendé, y compris par d'autres que moi. [M.B.]
Cette forme fragmentaire s'adapte parfaitement à un sujet aussi vaste que l'espoir, qui échappe à toute tentative de définition simple. Tour à tour vertu, illusion, moteur de l'action ou consolation, l'espoir accompagne l'aventure humaine et demeure insaisissable.
Une brève histoire de l'espoir offre ainsi une perspective éclairante sur notre époque. En revisitant les réponses que les générations passées ont apportées à l'incertitude, Bélisle nous invite à réfléchir à notre propre rapport à l'avenir. Nous ne saurons jamais ce que demain nous réserve, mais renoncer à l'espoir reviendrait peut-être à renoncer au mouvement même de la vie. Comme l'auteur, nous sommes appelés à faire le pari de la suite du monde.
Envisager le pire aura toujours l'air plus sérieux que rêver de mieux. [M.B.]
Les oracles sont ceux à travers qui on se rend jusqu'aux dieux pour obtenir des faveurs et des réponses; les prophètes sont ceux à qui on n'a rien demandé, et qui répondent à des questions que personne n'a posées. [M.B.]
Le génie de la tragédie tient donc tout entier dans cette découverte : la littérature peut porter malheur à notre place. [M.B.]
S'engager, croire, lutter, espérer, c'est donc obéir au mouvement qui porte l'être au-delà de lui-même, obéir au mouvement qui est l'être, dans un univers qui n'est pas fermé mais ouvert. C'est ainsi, et seulement ainsi, qu'on reste en vie. [M.B.]
Pourquoi écrire l'histoire de l'espoir? Pourquoi se tourner vers le passé alors que c'est l'avenir qui inquiète? Parce qu'on ne peut pas regarder loin devant si on ne sait pas voir loin derrière. [M.B.]




