Paris (d'après Raymond Queneau)
Le Paris où nous marchons
N’est pas celui où nous marchâmes
Et nous avançons sans flamme
Vers celui que nous laisserons [J.R.]
Ce recueil de poèmes débute sur un hommage à Raymond Queneau, mais, en fait, la référence admirative faite à Queneau teinte l'ensemble de cette œuvre. Roubaud explore Paris à pied, en flânant dans ses rues et sur ses places, en scrutant des murs colorés, des carrefours tortueux, des arbres en fleurs, les portes d'une poissonnerie, des rails de tramway, un portail ouvert, un étalage de fruits, la terrasse d'un café. Et puis, Jacques Roubaud se permet un peu de sociologie en sillonnant la trame historique des rues de Paris et en considérant la curieuse répartition de la population citée par les noms des artères. Au détour d'une contrainte, il chante magnifiquement les rues et leurs habitants.
Il y a trop longtemps que je n'ai vu Paris.
chez Claude […]
nous parlons
nous parlons de livres
des livres de ceci et de cela et de cela encore
des livres que nous avons lu, que nous avons relu, que nous pourrions lire, ne pas lire, lire encore
que j’aurais dû lire
que je devrais lire
car il y a beaucoup de livres
que je n’ai pas lus
qu’il a lus et que
je devrais lire
il a raison
(il est vrai qu’il a commencé
avant moi
et pour ce qui est de lire il n’est pas une tortue
mais moi je ne suis ni lièvre ni Achille
et même si je l’étais je ne le rattraperais pas comme l’a montré autrefois monsieur Zénon
«Zénon, crier Zénon», démon zélé!) [J.R.]
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